Name: Deborah H
Gender: Female
Country of residence: France
Writing language: French
About me: Secular Jew
Read story below!
Je m’appelle Deborah, et j’adore raconter des histoires. Lorsque le massacre du 7 Octobre s’est produit, j’ai été touchée en plein cœur. Pendant un instant, j’ai cru perdre la légèreté qui m’a toujours guidée dans mes aventures. Mais imaginer que je pourrais renoncer à ce qui m’est le plus cher serait mal me connaître. Alors, je me suis relevée, armée de ma plume, pour retrouver ma voix. J’ai donc entrepris un voyage extraordinaire qui m’a fait réaliser à quel point j’étais fière d’appartenir au peuple juif, de porter son histoire, ses couleurs et de défendre sa terre ancestrale malgré l’adversité. Cette histoire, c’est la mienne, mais à bien des égards, elle pourrait être la vôtre. Bienvenue dans mon Kaléidoscope.
***
Incrédulité, effroi et sidération. Ce sont les premières émotions qui m’ont traversée lorsque, depuis la France, j’assistais impuissante au déversement de la violence terroriste qui s’est abattue sur Israël, le samedi 7 Octobre 2023.
Incrédulité, d’abord, parce qu’en Israël, on ne se résout jamais à ce que la terreur nous prescrive une quelconque conduite. On accepte que les tensions fassent partie du quotidien, quitte à les minimiser, mais paradoxalement, on ne veut pas s’habituer au terrorisme. Aucune démocratie ne l’envisagerait pour son peuple. Alors, on fait mine d’être optimiste et on préfère se convaincre que quoi qu’il advienne, la vie reprendra son cours.
Ensuite vient le temps de l’effroi lorsque l’on réalise qu’il ne s’agira pas de quelques jours difficiles où le pays sera en état d’alerte. Le 7 Octobre 2023 rebat toutes les cartes. Le fond de l’air a changé et les images qui nous parviennent sont d’une violence inouïe. Des femmes sont violées et exhibées comme des trophées dans la bande de Gaza. Les cadavres encore chauds des personnes âgées gisent sur l’asphalte. Dans les kibbutzim de Kfar Aza, de Nahal Oz, de Be’eri et de Re’im, la vie qui battait son plein s’est arrêtée. Ses habitants, dont certains se sont illustrés comme des architectes de la paix, y ont été froidement assassinés, dans la barbarie la plus sanglante. Il y a également ceux dont la vie est en sursis, otages à la merci de leurs bourreaux, dont le sort a rapidement été oublié, brièvement résumé à quelques lignes sur une affiche: “kidnappé”.
Enfin, la sidération, quand on entend le chef d’État déclarer avec gravité “Nous sommes en guerre”. Le doute n’est plus possible car les mots ont été clairement posés sur ce chaos. À peine a-t-on le temps de digérer l’information qu’il faut se préparer à agir. Personne ne peut dire combien de temps la crise durera, mais toute aide est la bienvenue car un combat sur tous les fronts va s’engager et l’issue de celui-ci est placée entre les mains de tout le Am Israël, aussi bien sur son foyer national qu’en diaspora.
La portée de la guerre est éminemment militaire mais ses enjeux se déportent ailleurs. En conséquence, on réinvente notre Hasbara, parce que 76 ans après la restauration de notre souveraineté sur la terre d'Israël, nous devons encore prouver à ceux qui en doutent et à ceux qui manifestent leur hostilité, notre légitimité d’exister sur notre terre ancestrale.
Cette bataille, j’y prend part avec tout mon cœur, car chez moi, quand quelqu’un souffre, c’est le peuple entier qui, plongé dans la torpeur, trouvera le courage de s’en sortir, la tête haute, inspiré du mantra qui nous enseigne que chaque juif est responsable pour les autres
Investie de cette nouvelle quête, je crois me relever plus forte que jamais, mais ma démarche est chancelante. Quand le 7 de chaque mois me ramène inlassablement à cette funeste journée où une part de mon innocence s’est envolée, quand les mots ne suffisent plus pour qualifier l’horreur ou que leur sens se dilapide au profit de toutes les instrumentalisations, que puis-je faire ? Que dois-je dire ?
Ces pensées intrusives qui bourdonnent dans ma tête me rappellent l’état dans lequel je me trouvais l’année dernière. Cette guerre a meurtri le pays que j’aime tant, en s’attaquant à son bien le plus précieux : la vie. Elle a touché en plein cœur des individualités, dont les destins porteront à jamais le poids de ce Shabbat noir.
Toutefois, je ne me résignerai pas à accepter que les seuls enseignements de cette sombre année ne se résument qu’à la seule incrédulité, l’effroi et la sidération du premier jour. Je veux croire qu’il existe quelque chose qui surpasse ces premières émotions, et qu’il incombe de découvrir. C’est en tout état de cause, ce que j’ai envie d’entreprendre : chercher à l’intérieur de moi tout ce qui a fragilisé mon individualité.
Nul doute que la crise que nous traversons a ébranlé un grand nombre de certitudes. Elle s’est attaquée à ce qui constitue le ciment de mon identité : ma judéité, mon sentiment d’appartenance nationale et mes rêves.
Tout commence par le constat que l’année qui s’est écoulée a été révélatrice d'un profond malaise. L’antisémitisme ronge mon pays de l’intérieur mais trop peu de personnes le condamnent publiquement. Ce paradoxe m’interloque car à l’heure où l’accès à l’information est instantané, le silence se fait roi. L’importation du conflit est pourtant bien réelle. La peur se lit dans les yeux de beaucoup de juifs de France lorsqu’une synagogue est incendiée, qu’un magasin casher est vandalisé, ou encore qu’une enfant est victime d’un viol parce que juive.
Pour ma part, je n’ai pas peur de nommer les choses, car j’estime impératif que les responsables assument les conséquences de leurs actes. Je n’ai pas non plus honte de faire entendre ma voix, quand beaucoup décideront de se taire, pour la simple raison que si ce n’est pas moi, alors qui ? Si ce n’est pas maintenant, alors quand ?
Cet antisémitisme est un mal insidieux car quand il ne frappe pas par des coups, il déploie un arsenal de mots aussi violents que des balles tirées à bout portant. Cette sensation, je l’ai ressentie de tout mon être le 8 Octobre, lorsque j’ai vu tagué en rouge vif “Honneur aux martyrs palestiniens”, sur la façade d’une école juive. À ces mots, mon sang ne fait qu’un tour. Qui peut mériter les honneurs s’il abat par la haine la plus primaire des innocents ou qu’il endoctrine les esprits les plus faibles ?
À cet instant, je comprends que j’ai un rôle à jouer. Plus que jamais, il faut que je m’exprime, car je ne peux plus me cacher derrière l’innocence de l’enfance. Aujourd’hui c’est moi l’adulte, qui, consciente des réalités du monde moderne, même les plus infâmes, doit les affronter. Alors je crie, je hurle ma douleur. Je m'époumone à dire au monde que ce chemin de l’antisémitisme est une impasse, mais ma parole reste inaudible.
Pour aller de mal en pis, l’année qui s’est écoulée m’a aussi donné matière à me questionner sur ma place dans la nation. Jusqu’à présent, je naviguais entre mes amis juifs et non-juifs. Je me plais dans une France multiculturelle où chacun apprend des différences des autres, et où ces différences sont nos plus grandes forces. La France que j’aime, c’est la France avec un grand F, fière et fraternelle. Seulement, le 7 Octobre 2023, au lieu de voir triompher la solidarité inconditionnelle envers les victimes du massacre, c’est un gel de l’empathie qui a prédominé. Dans ce moment de gravité, j’espérais encore que la nation tout entière fasse corps, de la même façon qu’au lendemain des attaques contre Charlie Hebdo, nous étions descendus comme un seul homme dans la rue pour vociférer notre indignation contre cette atteinte ultime à la liberté d’expression. Au lieu de cela, le point de non retour. Je peine à croire, qu’hier encore, au détour d’une conversation de Shabbat, quelqu’un m’a dit que mon propos lui avait donné envie de chanter la Marseillaise, alors qu’il disait ne plus avoir d’espoir en la France pour les juifs. C’était avant le 7 octobre 2023. Aujourd’hui, puis-je encore croire à ce même discours alors que le château de cartes s’effondre ? Je ne veux pas céder à la colère, parce que je crois encore au vivre ensemble. Mais j’enrage contre cette montée des périls, quand les extrêmes pactisent avec le diable. À droite comme à gauche, l’obscénité est insoutenable : quand les uns veulent se débarasser de leur passé antisémite, les autres manipulent et s’accaparent tous les symboles. Mais les modérés ne sont pas en reste, quand leurs voix, si elles ne sont pas timides, sont inexistantes. En somme, j’enrage contre toutes celles et ceux qui nous ont abandonné et qui n’ont aucune considération envers deux de nos compatriotes: Ofer Kalderon et Ohad Yahalomi, toujours retenus prisonniers dans la bande de Gaza.
Enfin, je n’aurais jamais cru possible que la communauté internationale que j’avais tant idéalisée, puisse tomber aussi bas. À vingt ans, naïvement, je rêve d’un destin extraordinaire. Je rêve d’une vie dédiée à la diplomatie, d’un futur où le fruit de mon travail acharné me portera dans les plus illustres hémicycles pour y prononcer des discours engagés. Je m’en irai, avec mes mots, pour trouver un remède à tous nos maux, inspiré de ces femmes et de ces hommes qui ont fait de la paix le combat de leur vie. L’année difficile qui nous a tant mis à l’épreuve aurait pu fédérer l’unité face au terrorisme. Mais au lieu de cela, un bien triste spectacle. L’Organisation des Nations Unies et son ordre multilatéral si empreint de justice et de bons sentiments s’est retrouvé au tapis, mis K.O. sur le ring de la haine. Je suis écoeurée d’un droit de Genève à géométrie variable, où les victimes de guerre, lorsqu’il s’agit des otages font l’objet d’un traitement différencié, laissés pour compte dans l’obscurité des tunnels. Et au milieu de ce chaos, à des milliers de kilomètres des zones de conflit et des effluves de sang, un esprit pernicieux s’est infiltré dans les hémicycles que j’ai toujours convoités. Lors des séances plénières, je reste sidérée face à une injustice insupportable : celle d’une inversion narrative où les auteurs de massacres et de guerre sont redécouverts, érigés par certains en figures de résistance. Leurs noms ? Yahya Sinwar, Ismail Haniyeh, Hassan Nasrallah, ou encore Mohamed Deif. Leurs crimes ? Prendre en otage les sociétés palestinienne et libanaise, assassiner froidement des Israéliens, légitimer la haine des Juifs au Proche-Orient et au-delà, jusque sur nos campus universitaires occidentaux, où ils sapent insidieusement tout espoir de paix dans la région. Alors, plus de cris ou de rage, mais le silence du dépit. Moi qui d’ordinaire suis le boute-en-train de ma bande d’amis, qui rappelle toujours à l’ordre ceux qui baissent les bras à la première difficulté, je ne sais plus où j’en suis, et à chaque instant je crains de retrouver les sentiments qui m’ont submergée au début de la crise.
Pour autant, offrirai-je sur un plateau d’argent le plaisir à mes détracteurs de cacher ma judéité, de m’exclure délibérément des débats qui animent mon pays, ou encore d’abandonner mes rêves de diplomatie ? Négatif. Affectée, je le suis, comme vous tous, car cette guerre a bouleversé ce que je prenais pour acquis. Cela dit, j’ai mûri. Au plus profond de moi, je suis convaincue qu’il reste de l’espoir. Animée de l’amour de Sion, j’ai donc décidé que je ne me tairai point.
Pour l’amour de Sion, je me battrai pour ce qui m’est cher, parce que j’ai compris que je ne pouvais rester indéfiniment prostrée. Je serai indigne de ne pas me montrer à la hauteur de ceux et celles qui ont été les soutiens de chaque instant lorsque mon monde s’est écroulé. Je dois beaucoup à ceux qui m’ont entouré de leur force, eux qui n’ont jamais mis en doute la difficulté de ce que je traversais à l’université. Ils ont su mettre un terme à mes craintes, me rappelant que nous sommes un peuple et que nous partageons le même cœur.
Alors, pour l’amour de Sion, je continuerai à porter mon message de paix et de tolérance avec plus de force que jamais. Fidèle à mes valeurs, je jure que rien ni personne ne m'arrêtera. Je collerai la nuit pour que les otages revoient le jour. Je ne m’arrêterai pas d’écrire, pour que jamais le feu de leur mémoire ne s’éteigne. Avec pugnacité et courage, je ne cesserai de parler envers et contre tous pour redonner voix et visage à ceux qui en ont été privés.
C’est pourquoi, par amour de Sion, nous continuerons, tous ensemble, à déplacer des montagnes à l’unique condition de transcender nos différences. Pendant des mois voire des années, nous avons oublié la force de nos liens. Il a fallu qu’une crise provoque le sursaut de notre communauté pour que nous réalisions l’ampleur de ce qui se jouait et la nécessité d’agir ensemble. À la haine, nous avons répondu par l’amour et sommes devenus nos propres héros.
Alors que j’achève ma prose, je suis à Tel Aviv. À la lueur des étoiles, l’heure est au bilan. Les cerveaux du 7 Octobre tombent les uns après les autres, mais la guerre s’éternise, et les otages, eux, brillent toujours par leur absence. Tandis que je refais le fil de mes doutes et de mes espoirs, une évidence s’impose : il manque une pièce au puzzle. Nous sommes le 7 du mois et je suis en Israël. Mille fois, j’ai rêvé du moment où j’allais à nouveau fouler le sol de la Terre Sainte. On croirait que je ne m’y suis jamais rendue, alors que j’ai grandi à Tel Aviv presque tous les étés de ma vie. Pourtant, cette année est différente car tout le pays porte le fardeau de la tragédie.
Mais dans la pénombre, la lumière. Loin de l’épicentre du traumatisme, ma perspective demeurait incomplète. Il fallait que je sois là, ici et maintenant, pour ressentir l’intensité du deuil. Alors me voilà, répondant à l’appel des étoiles, face au Kikar Dizengoff, où la fontaine de mon enfance est devenue un sanctuaire. À ses pieds, les peluches poussiéreuses, les photos figées dans le temps et les bougies brûlées s’amoncellent. Tous ces souvenirs parlent pour les disparus qui nous voient et nous entendent. Sabra ou non, ils sont fiers d’où ils viennent, et dans leur silence éternel, ils m’ont transmis le plus beau des messages.
Mon judaïsme, né de la terre où abonde le lait et le miel, est enfant du Levant, vagabond de la Méditerranée, farouchement Égéen et terriblement Galicien. Il est international, mélange hébreu, ladino et yiddish. Il veut ressembler à tout et à rien à la fois. Il est informe, difforme, et multiforme, mais c’est comme ça que je l’aime. Si dans ses veines coule la ferveur de la vie, alors il n’a plus peur de rien ni de personne. Ses racines sont mes ailes. Je lui serai toujours fidèle. En un mot : Israël
My name is Deborah, and I love telling stories. When the massacre of October 7th happened, I was deeply affected. For a moment, I thought I was going to lose the lightness that has always guided me in my adventures. But imagining that I could renounce what is dearest to me would be to misunderstand me. So, I got back up, armed with my pen, to regain my voice. I then went on an extraordinary journey that made me realize how proud I am to belong to the Jewish people, to carry its history, its colors, and to defend its ancestral land despite adversity. This story is mine, but in many ways, it could be yours. Welcome to my Kaleidoscope story.
Disbelief, horror, and shock. These were the first emotions that swept through me as I watched helplessly from France the terrorist violence that descended upon Israel on Saturday, October 7th, 2023.
Disbelief, first, because in Israel, one never resolves to let terror dictate one's conduct. We accept that tensions are part of daily life, even minimizing them, but paradoxically, we refuse to become accustomed to terrorism. No democracy would envision that for its people. So we pretend to be optimistic and prefer to convince ourselves that, whatever happens, life will resume its course.
Then comes the time of horror when we realize this won't be just a few difficult days when the country is on high alert. October 7th, 2023 reshuffles all the cards. The atmosphere has changed, and the images reaching us are of unimaginable violence. Women are raped and displayed like trophies in the Gaza Strip. The still-warm corpses of the elderly lie on the asphalt. In the kibbutzim of Kfar Aza, Nahal Oz, Be'eri, and Re'im, life that was flourishing has stopped. Their inhabitants, some of whom distinguished themselves as architects of peace, were coldly murdered in the most bloody barbarism. There are also those whose lives are in suspense, hostages at the mercy of their torturers, whose fate was quickly forgotten, briefly summarized in a few lines on a poster: "kidnapped".
Finally, the shock when the head of state solemnly declares, "We are at war." Doubt is no longer possible because words have been clearly placed on this chaos. Barely have we had time to digest the information when we must prepare to act. No one can say how long the crisis will last, but all help is welcome because a battle on all fronts is about to begin, and its outcome is placed in the hands of the entire Am Israël, both in its national home and in the diaspora.
The scope of the war is eminently military, but its stakes extend elsewhere. Consequently, we reinvent our Hasbara, because 76 years after the restoration of our sovereignty on the land of Israel, we must still prove to those who doubt and those who show their hostility our legitimacy to exist on our ancestral land.
I take part in this battle with all my heart, because for me, when someone suffers, the entire people, plunged into torpor, will find the courage to get through it, head held high, inspired by the mantra that teaches us that every Jew is responsible for others.
Invested in this new quest, I believe I am rising stronger than ever, but my approach is unsteady. When the 7th of each month brings me back relentlessly to that fateful day when a part of my innocence flew away, when words are no longer enough to qualify the horror or when their meaning dissipates in favor of all instrumentalizations, what can I do? What should I say?
These intrusive thoughts buzzing in my head remind me of the state I was in last year. This war has wounded the country I love so much by attacking its most precious asset: life. It has struck at the heart of individuals whose destinies will forever bear the weight of this Black Shabbat.
This war has wounded the country I love so much by attacking its most precious asset: life.
However, I will not resign myself to accepting that the only lessons of this dark year are reduced to the disbelief, horror, and shock of the first day. I want to believe that something exists that surpasses these initial emotions, and that it is incumbent upon me to discover. In any case, this is what I want to undertake: to seek within myself everything that has weakened my individuality.
There is no doubt that the crisis we are going through has shaken many certainties. It has attacked what constitutes the cement of my identity: my Jewishness, my sense of national belonging, and my dreams.
It all begins with the observation that the past year has been revealing of a profound malaise. Antisemitism is gnawing at my country from within, but too few people condemn it publicly. This paradox perplexes me because at a time when access to information is instantaneous, silence reigns supreme. The importation of the conflict is very real. Fear can be read in the eyes of many Jews in France when a synagogue is set on fire, a kosher store is vandalized, or a child is raped for being Jewish.
As for me, I am not afraid to name things, because I believe it is imperative that those responsible assume the consequences of their actions. Nor am I ashamed to make my voice heard, when many will choose to remain silent, for the simple reason that if not me, then who? If not now, then when?
This antisemitism is an insidious evil because when it does not strike with blows, it deploys an arsenal of words as violent as bullets fired at point-blank range. I felt this sensation with my entire being on October 8th, when I saw spray-painted in bright red "Honor to Palestinian terrorists" on the facade of a Jewish school. At these words, my blood boils. Who can deserve honors if they strike down innocents with the most primal hatred or indoctrinate the weakest minds?
At that moment, I understand that I have a role to play. More than ever, I must express myself, because I can no longer hide behind the innocence of childhood. Today, I am the adult who, aware of the realities of the modern world, even the most infamous, must confront them. So I cry out, I scream my pain. I exhaust myself telling the world that this path of antisemitism is a dead end, but my words remain inaudible.
Today, I am the adult who, aware of the realities of the modern world, even the most infamous, must confront them. So I cry out, I scream my pain. I exhaust myself telling the world that this path of antisemitism is a dead end, but my words remain inaudible.
To make matters worse, the past year has also given me cause to question my place in the nation. Until now, I navigated between my Jewish and non-Jewish friends. I enjoy a multicultural France where everyone learns from each other's differences, and where these differences are our greatest strengths. The France I love is the France with a capital F, proud and fraternal. However, on October 7th, 2023, instead of seeing unconditional solidarity with the massacre victims triumph, a freezing of empathy predominated. In this moment of gravity, I still hoped that the entire nation would come together, in the same way that after the Charlie Hebdo attacks, we had descended into the streets as one to vociferate our indignation against this ultimate attack on freedom of expression. Instead, the point of no return. I struggle to believe that just yesterday, during a Shabbat conversation, someone told me that my words made them want to sing the Marseillaise, while saying they no longer had hope in France for Jews. This was before October 7th, 2023. Today, can I still believe in the same discourse when the house of cards collapses? I do not want to give in to anger because I still believe in living together. But I rage against this rise of perils, when extremes make pacts with the devil. On the right and the left, the obscenity is unbearable: when some want to get rid of their antisemitic past, others manipulate and appropriate all symbols. And the moderates are not left behind, when their voices, if not timid, are nonexistent. In sum, I rage against all those who have abandoned us and who have no consideration for two of our compatriots: Ofer Kalderon and Ohad Yahalomi, still held prisoners in the Gaza Strip.
Finally, I would never have thought possible that the international community I had so idealized could fall so low. At twenty, naively, I dream of an extraordinary destiny. I dream of a life dedicated to diplomacy, of a future where the fruit of my hard work will carry me to the most illustrious chambers to deliver committed speeches. I would go, with my words, to find a remedy for all our ills, inspired by those women and men who made peace the fight of their lives. The difficult year that has tested us so much could have united us against terrorism. But instead, a sadly pathetic spectacle. The United Nations and its multilateral order, so imbued with justice and good sentiments, found itself on the ropes, knocked out in the ring of hatred. I am disgusted by a Geneva law with variable geometry, where war victims, when they are hostages, are treated differently, left behind in the darkness of tunnels. And in the midst of this chaos, thousands of kilometers from conflict zones and blood effluvia, a pernicious spirit has infiltrated the chambers I have always coveted. During plenary sessions, I remain stunned by an unbearable injustice: that of a narrative inversion where authors of massacres and war are rediscovered, erected by some as figures of resistance. Their names? Yahya Sinwar, Ismail Haniyeh, Hassan Nasrallah, or Mohamed Deif. Their crimes? Taking Palestinian and Lebanese societies hostage, coldly assassinating Israelis, legitimizing the hatred of Jews in the Near East and beyond, even on our Western university campuses, where they insidiously undermine any hope of peace in the region. So, no more cries or rage, but the silence of despair. I, who am usually the life of my group of friends, who always reminds those who give up at the first difficulty, no longer know where I stand, and at every moment I fear finding the feelings that overwhelmed me at the beginning of the crisis.
I dream of a life dedicated to diplomacy, of a future where the fruit of my hard work will carry me to the most illustrious chambers to deliver committed speeches.
However, will I offer my detractors the pleasure of hiding my Jewishness, deliberately excluding me from the debates that animate my country, or abandoning my diplomatic dreams? Negative. Affected, I am, like all of you, because this war has overturned what I took for granted. That said, I have matured. Deep down, I am convinced that hope remains. Animated by the love of Zion, I have therefore decided that I will not remain silent.
For the love of Zion, I will fight for what is dear to me, because I understood that I could not remain prostrate indefinitely. I would be unworthy of not rising to the height of those who have been my constant support when my world collapsed. I owe much to those who surrounded me with their strength, they who never doubted the difficulty of what I was going through at the university. They knew how to put an end to my fears, reminding me that we are a people and that we share the same heart.
So, for the love of Zion, I will continue to carry my message of peace and tolerance with more force than ever. Faithful to my values, I swear that nothing and no one will stop me. I will paste notices at night so that the hostages see the day again. I will not stop writing, so that the fire of their memory never goes out. With tenacity and courage, I will continue to speak out against all odds to give voice and face back to those who have been deprived of them.
I will not stop writing, so that the fire of their memory never goes out. With tenacity and courage, I will continue to speak out against all odds to give voice and face back to those who have been deprived of them.
That is why, out of love for Zion, we will continue, all together, to move mountains on the sole condition of transcending our differences. For months, even years, we have forgotten the strength of our bonds. It took a crisis to provoke the surge of our community for us to realize the magnitude of what was at stake and the necessity of acting together. To hatred, we responded with love and became our own heroes.
As I complete my prose, I am in Tel Aviv. In the starlight, it is time for assessment. The masterminds of October 7th are falling one after another, but the war drags on, and the hostages still shine by their absence. As I retrace the thread of my doubts and hopes, an obviousness imposes itself: a piece is missing from the puzzle. It is the 7th of the month, and I am in Israel. A thousand times, I have dreamed of the moment when I would again tread the soil of the Holy Land. One would think I had never been there, even though I grew up in Tel Aviv almost every summer of my life. Yet this year is different because the entire country bears the burden of tragedy.
Ton histoire pourrait être la prochaine !