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Ella C

Ella

Name: Sarah C

Gender: Female

Country of residence: Israel

Writing language: French


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Story language

French
English

Questions of Identity

Identité et questionnements

Written by Sarah C - 27
April 2024

BACKGROUND

Je suis née et j’ai grandi dans la banlieue Ouest de Paris, dans une ville calme, aisée, majoritairement chrétienne. J’ai grandi avec un petit frère de 3 ans de moins que moi, et une petite sœur de 9 ans de moins. Mes deux parents sont français, juifs plutôt traditionalistes. Mon père est originaire de l’Est de la France, les régions d’Alsace et Lorraine. Du côté de ma mère, mes grands-parents sont nés et ont vécu à Tunis pendant leur enfance. Notre pratique religieuse a toujours été ponctuelle mais régulière, c’est-à-dire que nous célébrions les fêtes dites principales : Rosh Hachana, Kippour, Hannukah, Pessah. Nous allions à la synagogue une fois par an, le jour de Kippour. Le vendredi soir était réservé à la famille, nous dinions tous les cinq, ou avec mes grands-parents. Le reste du temps, nous nous comportions comme tous les autres français, à l’exception que nous ne mangions pas de porc.

ENFANCE
 

J’ai fait toute ma scolarité dans le public. J’ai souvent été la seule juive de la classe, ou peut-être y avait-il un autre enfant juif dans la classe en fonction des années. A chaque rentrée, c’était le même refrain, mes parents me demandaient s'il y avait d’autres juifs dans la classe. Étant incapable de répondre, je leur listais les prénoms et noms de famille de mes camarades et nous faisions nos pronostics. C’est à l’arrivée de Yom Kippour que nous pouvions ou non confirmer nos suppositions.

Je me rappelle qu’en primaire, toutes mes copines allaient au catéchisme et en parlaient dans la cour de récréation. Je demandais à ma mère pourquoi j’étais la seule à ne pas pouvoir y aller. J’avais l’impression de manquer quelque chose. Ma mère me répondait “Tu iras au talmud torah bientôt, et tu verras, ce sera encore plus sympa”.

Un midi, ma meilleure copine de CE2 m’a demandé quelle était ma religion. Je lui ai dit que j’étais juive. Je me rappelle encore sa réponse : “Moi je n’aime pas les juifs, ce sont eux qui ont tué Jésus.” Cet épisode m’avait choqué, et j’en avais parlé avec mes parents qui s’étaient offusqués de la bêtise de cette enfant, et du fait qu’elle avait bien dû entendre ça quelque part : de la bouche de ses parents, ou bien à ce fameux catéchisme. Ils avaient profité de l’occasion pour m’expliquer qu’on était certes, fiers d’être juifs, mais “qu’il ne faut pas le crier sur tous les toits”. Autrement dit, ne dis pas que tu es juive, sauf si quelqu’un te pose la question et que tu lui fais assez confiance pour le lui dire.

C’est vers cet âge-là que mes parents, profitant d’un moment seul avec moi, ont commencé à me parler de la Shoah, de notre histoire, de notre héritage. J’avais déjà brièvement entendu parler de la Seconde Guerre Mondiale à l’école, mais je n’avais pas encore saisi l’ampleur des événements et à quel point cela mon concernait. Une partie de ma famille est morte à Auschwitz parce que juive. J’ai mieux compris pourquoi il ne fallait pas le “crier sur tous les toits”.

A l'âge de 9 ans, j’ai commencé à aller au Talmud Torah le mardi soir après l’école. La bonne élève que j’étais a tout de suite été très intéressée par en apprendre plus sur l’histoire juive, les bases de l’hébreu, et j’apprenais pour la première fois les prières. On rigolait bien pendant la Hafsaka. Je me rappelle avoir dit à ma mère en rentrant de mon premier cours “C’est fou, je ne les connais pas, mais j’ai l’impression de tous les connaître déjà”. Je m’y sentais vraiment bien et à l’aise. C’était la première fois que je réalisais que nous, les juifs, avons un lien en tant que peuple.

A partir de mes 10 ans, j’ai rejoint les EEIF (Eclaireurs et Eclaireuses Israélites de France) de Neuilly Sur Seine, mouvement scout juif. On allait avec mon petit frère aux activités organisées le dimanche, et à un camp d’été et d’hiver. Je n’ai pas particulièrement aimé les EEIF. Ce n’était pas mon monde. J’appréciais l’ambiance bruyante, leur humour et les chants dont je me rappelle encore aujourd’hui. Mais je me sentais à l’écart, trop différente, je n’avais pas leurs références, ayant grandi avec des enfants très français et chrétiens.

Je suis partie en Israël pour la première fois vers l’âge de 10 ans, avec ma famille. J’ai alors découvert Jérusalem, Eilat, la Mer Morte, Massada dont j’avais tant entendu parler au Talmud Torah. Puis nous y sommes retournés une fois ou deux. J'appréciais le fait d’être dans un pays juif où il était facile de faire ses courses ou d’aller au restaurant pendant Pessah. Je m’y suis toujours sentie bien. Ma tante, mon oncle et mes cousins ont fait leur Alyia, ce qui nous donnait une raison supplémentaire de voyager là-bas.



ADOLESCENCE

A 12 ans, j’avais l’âge de faire ma bat mitzvah, ce qui fut l’objet de nombreuses discussions avec ma famille. J’étais terrorisée à l’idée de chanter des prières, seule, devant toute ma famille et mes amis. Nous avions donc décidé de renoncer à faire ma bat mitzvah, bien que l’idée restât dans un coin de ma tête. C’est finalement à l’âge de 14 ans que je décidais de reprendre le Talmud Torah, principalement parce qu’une bonne amie de ma classe de 4ème suivait les cours. Au cours de l’année, nous avons décidé toutes les 2 de finalement organiser notre bat mitzvah ensemble. Ce fut un moment mémorable et très important pour nous deux, une manière de revendiquer notre appartenance au peuple juif.

Le lycée était probablement le moment où je me suis le plus éloignée de mon identité juive. Je ne côtoyais aucun autre juif, à part ma famille et l’amie avec qui j’avais fait ma bat mitzvah. Je suis toujours restée fière d’être juive, mais je n’en parlais pas et ne m’y intéressais pas. Je voyais comme une lourde contrainte le fait de devoir rester en famille le vendredi soir et les soirs de fêtes. J’étais parfaitement intégrée dans cet environnement très chrétien. J’étais très studieuse, je passais la plupart de mon temps à étudier, et je sortais souvent avec mes amis. Je me disais que ma vie serait différente de celle de mes parents par bien des aspects. Je commençais à me questionner l’importance que je voulais donner au judaïsme. Quoi ? En plus de devoir faire les fêtes, je n’ai pas le droit d’aimer qui je veux ? Je trouvais cela injuste. J’en étais presque sûre : je serai celle qui brise la chaîne du judaïsme dans ma famille. Je sentais le lourd poids de l’héritage juif que mes parents essayaient de me transmettre tant bien que mal. Tes ancêtres sont-ils morts en vain à Auschwitz ? Ils se disaient qu’ils avaient dû rater quelque chose avec moi, et nos relations étaient tendues. Tes arrières grands parents se retourneraient dans leurs tombes. Je voyais ma religion comme un fardeau plus que comme une chance. Pendant ces années, j’ai été tiraillée, et j’ai vécu comme une crise identitaire ainsi que des dilemmes entre mes valeurs françaises et humanistes et le judaïsme.


ETUDES SUP

Je suis ensuite entrée à la fac à Paris. J’ai tenté, sur les conseils de mes parents, de rencontrer les membres de l’Association juive de la fac, mais je me suis sentie comme lorsque j’étais enfant aux EEIF, très différente de ces gens venant tous d’écoles juives. Alors j’ai passé mes années de licence encore très loin de la communauté juive. Les dilemmes se sont représentés.

J’ai tout de même décidé de participer à un voyage Taglit durant lequel j’ai voyagé du Nord au Sud d'Israël avec un groupe de jeunes juifs de mon âge. J’ai beaucoup apprécié le voyage, exploré de nombreux endroits en Israël que je ne connaissais pas. Pour la première fois, je me rendais en Israël sans mes parents, et découvrais le pays d’une autre manière. J’ai apprécié le voyage, mais n’ai une nouvelle fois pas réussi à apprécier les jeunes juifs avec qui je voyageais. J’étais amie avec quelques participants qui avaient comme particularité d’être seulement juif d’un de leurs grands-parents, et/ou de ne pas se considérer comme juifs.

Je suis allée à plusieurs mariages juifs pendant cette période, dont un qui m'a particulièrement marqué. La cérémonie religieuse sous la houppa était particulièrement belle. Juste après la cérémonie, alors que nous allions féliciter les jeunes mariés, la mariée m'a dit ces mots dont je me rappelle encore : Je te souhaite d'avoir un jour un aussi beau mariage…sous la houppa. Ses mots ont longuement résonné et m’ont fait réfléchir. Qu’est-ce que je souhaite réellement ? Me marier un jour sous la houppa, c’est ce que je souhaitais pour moi aussi, je ne l’imaginais pas autrement. Mais j’étais persuadée que ça ne pourrait jamais se produire.

Je me sentais comme étrangère au monde juif, incompatible. Mes parents se moquaient de moi en disant que j’étais antisémite. Malgré tout, étant de nature très sociable, j’avais toujours cette curiosité de rencontrer des juifs, et l’envie d’en apprendre plus. Lors d’un semestre d’échange universitaire aux États Unis, j’ai rejoint Hillel House, une association étudiante juive plus libérale et ouverte que ce que j’avais pu connaître en France. Je suivais un cours chaque semaine sur l’amitié et l’amour dans le judaïsme là-bas, et j’assistais à quelques offices du vendredi soir. Je m’y sentais bien, j’avais le sentiment d’être enfin face à des juifs accessibles et ouverts. Cette expérience m’a fait prendre conscience qu’il existe une multitude de juifs, et que les juifs que j’avais connu en France n’en étaient qu’une partie. Cela me redonnait de l’espoir. Peut-être que je me ferai des amis juifs un jour finalement, mais ils ne seront probablement pas français.

Ayant grandement apprécié cette expérience aux États Unis, après mon retour à Paris chez mes parents, je n’avais qu’une obsession : repartir à l’étranger.

Après mon Master en Finance à Dauphine, je devais faire une année de césure en réalisant plusieurs stages. C'était l'occasion parfaite pour réaliser l'un d'eux à l'étranger. Mon idée était originellement de retourner aux États Unis. J'ai réactivé quelques contacts mais je compris vite que ce serait difficile. Obtenir un visa américain sponsorisé par une entreprise, trouver un logement en connaissant peu de monde sur place…

J'ai alors pensé à Israël, qui me semblait être une option plus simple. Étant intéressée par l'industrie de l'investissement dans les start-ups, quoi de plus logique que de faire un stage à Tel Aviv, la "Start Up Nation" ?

ISRAËL

J'ai trouvé un stage dans un fonds d'investissement dans les start-ups pour Mars 2022 et me suis inscrite à un programme international Massa qui regroupe des jeunes entre 18 et 30 ans venus faire un stage en Israël et organise des activités, des cours d'hébreu, des week-ends. J'étais extrêmement anxieuse à l'idée de partir en Israël. Je craignais les attentats, les roquettes et j'en faisais des cauchemars.
 

J'ai vécu cinq mois inoubliables à Tel Aviv. Pendant cette période, j'ai rencontré des juifs venus de tous horizons : de l'Amérique du Nord et du Sud à l'Australie et l'Afrique du Sud.

J’ai été particulièrement marquée par cette unité malgré nos origines diverses. Et ce, bien au-delà de la pratique religieuse ou même de la foi, car nous avions tous une attache, et des niveaux de pratiques très différents.

Dès les premiers jours, cette connexion et cette familiarité avec les personnes que j'ai rencontrées m'ont donné le sentiment d'être chez moi. J'ai développé un intérêt pour les fêtes juives. J'ai eu envie d'en apprendre plus et de comprendre les pratiques. Je suis allée à la synagogue les vendredis soir avec des amies pour shabbat et j'ai été transportée par les chants et la foi qui s'en dégageait. J'ai été surprise et impressionnée par la chaleur, l’ouverture d’esprit, la spontanéité des israéliens. J'ai découvert une autre façon de vivre qui semblait rendre les gens plus heureux. J’ai beaucoup appris sur mon identité juive tout au long de mon séjour à Tel Aviv. Je me suis sentie très heureuse, libre, et comme réconciliée avec moi-même.

Très tôt dans mon voyage, j’appréhendais mon retour en France. Comment expliquerais-je aux personnes que je rencontrerai les raisons de mon séjour en Israël ? Devrais-je cacher le fait que je suis allée en Israël ?

Avec le cœur très lourd, je suis rentrée à Paris en septembre pour terminer mes études. Tout me semblait moins lumineux, moins vibrant qu’à mon départ. Mon esprit était constamment en quête de moyens pour retrouver la chaleur d'Israël. Je cherchais des occasions d'aller à la synagogue les vendredis soirs pour retrouver cette atmosphère unique qui me manquait tant. Je suis allée dans la plupart des synagogues autour de chez moi, mais n’ai retrouvé nulle part cette chaleur. J’organisais des dîners de shabbat, j’écoutais de la musique israélienne et tentais de progresser en hébreu. Je n’avais qu’une envie, c’était de retourner en Israël, et je profitais de chaque semaine de vacances pour m’y rendre.

A l’université, j’étais "la juive" de ma classe, une étiquette qui me mettait mal à l’aise. Par le passé, les personnes qui n’étaient pas proches de moi ne connaissaient pas ma religion. Mais après avoir passé le dernier semestre à Tel Aviv, en Israël, il était évident pour tous que j'étais juive.

Les questions ou les blagues de mes camarades, bien que parfois peut être partant de bonnes intentions, révélaient une méconnaissance une maladresse et des idées préconçues qui me rappelaient combien il était complexe de partager une telle expérience avec ceux qui ne l'avaient pas vécue, surtout lorsqu'ils ignoraient tout d'Israël et du judaïsme.

Pour n’en citer que quelques exemples les plus marquants : ma première rencontre avec un garçon de ma classe qui m’a demandé si j’étais juive, et qui m’a dit qu’il s’en doutait parce que j’avais “ne le prends pas mal”, une “tête de sémite, surtout le nez”, puis qui a poursuivi avec une autre blague sur le fait que les juifs sont radins. Cette même personne qui pendant l’année me faisait d’autres petites réflexions par exemple, sur le fait que “je suis bien connectée”, sous-entendant que les juifs ont le bras long, et autres bêtises du genre.
Un autre qui me demandait ce qu’il y avait écrit sur la capuche de ma doudoune (il y avait écrit le nom de la marque en grandes lettres blanches), et qui m’avait demandé s'il y avait écrit “TORAH”. Puis certains qui me faisaient part du fait qu’ils ont visité une synagogue, ou bien qui me demandaient ce que je pensais du conflit israélo-palestinien.

Tout cela peut sembler ne pas être grand chose, mais c’était largement suffisant pour me faire sentir mal à l’aise et confirmer mon envie de retourner en Israël.


Quelques mois après mon retour, c’était une évidence, je devais retourner en Israël.

J’ai fait mon Alyia en avril 2023.

Childhood

I did all my schooling in non-Jewish schools. I was often the only Jew in the class, or maybe there was another Jewish child in the class depending on the year. Every time I went back to school, it was the same refrain, my parents asking me if there were any other Jews in the class. Unable to answer, I listed the first and last names of my classmates and we made our predictions. It was when Yom Kippur arrived that we could or could not confirm our assumptions.

I remember that in primary school, all my friends went to religion classes and talked about it in the playground. I asked my mother why I was the only one who couldn't go. I felt like I was missing something. My mother answered me “You will go to Talmud Torah (Jewish religious school) soon, and you will see, it will be even more fun”.

One afternoon, my best friend asked me what my religion was. I told her I was Jewish. I still remember her response: “I don’t like the Jews, they are the ones who killed Jesus.” This episode shocked me, and I talked about it with my parents who were offended by the stupidity of this child, and the fact that she must have heard that somewhere: from her parents, or well, at the religion classes. They took the opportunity to explain to me that we were certainly proud to be Jewish, but “we should not shout it from the rooftops”. In other words, don't say you're Jewish unless someone asks you and you trust them enough to tell them.

It was around this age that my parents, taking advantage of a moment alone with me, began to talk to me about the Shoah, our history, our heritage. I had already briefly heard about the Second World War at school, but I had not yet grasped the scale of the events and how much it affected me. Part of my family died in Auschwitz because they were Jewish. I understood better why it was not necessary to “shout it from the rooftops”.

At the age of 9, I started going to Talmud Torah on Tuesday evenings after school. Being a natural good student I was immediately very interested in learning more about Jewish history, the basics of Hebrew, and I learned prayers for the first time. We had a good laugh during the Hafsakah. I remember saying to my mother when I came home from my first class “It’s crazy, I don’t know them, but I feel like I already know them all”. I felt really good and comfortable there. It was the first time I realized that we Jews have a connection as a people.

I remember saying to my mother when I came home from my first Talmud Torah class “It’s crazy, I don’t know them, but I feel like I already know them all”.

Youth Mouvement

From the age of 10, I joined the EEIF (Jewish Scouts of France) of Neuilly Sur Seine, a Jewish scout movement. My little brother and I went to activities organized on Sundays, and to a summer and winter camp. I didn't particularly like the EEIFs. It wasn't my world. I enjoyed the noisy atmosphere, their humour and the songs that I still remember today. But I felt apart, too different, I didn't have their references, having grown up with very French and Christian children.

I went to Israel for the first time around the age of 10, with my family. I then discovered Jerusalem, Eilat, the Dead Sea, Metzadah which I had heard so much about at Talmud Torah. Then we went back once or twice. I appreciated being in a Jewish country where it was easy to shop or go to restaurants during Passover. I always felt good there. My aunt, uncle and cousins made Aliyah, which gave us another reason to travel there.

Adolescence

At 12, I was old enough to have my bat mitzvah, which was the subject of many discussions with my family. I was terrified of singing prayers, alone, in front of all my family and friends. We therefore decided to give up on having my bat mitzvah, although the idea remained in a corner of my head. It was finally at the age of 14 that I decided to take up Bat Mitzvah preparations, mainly because a good friend from my 4th grade class was taking the classes. During the year, we both decided to finally organize our Bat Mitzvah together. It was a memorable and very important moment for both of us, a way of reclaiming our belonging to the Jewish people.

High school was probably the time I strayed furthest from my Jewish identity. I didn’t mix with any other Jews, apart from my family and the friend with whom I had done my Bat Mitzvah. I always remained proud to be Jewish, but I didn't talk about it or take an interest in it. I saw it as a heavy constraint having to stay with family on Friday evenings and holiday evenings. I was perfectly integrated into this very Christian environment. I was very studious, I spent most of my time studying, and I often went out with my friends. I told myself that my life would be different from that of my parents in many ways. I began to question the importance I wanted to give to Judaism. What ? In addition to having to party, I'm not allowed to love who I want? I found it unfair. I was almost sure: I would be the one to break the chain of Judaism in my family. I felt the heavy weight of the Jewish heritage that my parents tried to pass on to me as best they could. Did your ancestors die in vain at Auschwitz? They thought they must have missed something with me, and our relationship was strained. Your great-grandparents would be rolling over in their graves. I saw my religion as a burden more than an opportunity. During these years, I was torn, and I experienced an identity crisis as well as dilemmas between my French and humanist values and Judaism.

What ? I'm not allowed to love who I want? I found it unfair. I was almost sure: I would be the one to break the chain of Judaism in my family.

Advanced Studies

I then went to university in Paris. I tried, on the advice of my parents, to meet the members of the Jewish Student Union, but I felt like when I was a child at the EEIF, very different from these people who all came from Jewish schools. So, I spent my undergraduate years still very far from the Jewish community. The dilemmas presented themselves.

I still decided to participate in a Taglit trip during which I travelled from the North to the South of Israel with a group of young Jews my age. I really enjoyed the trip, exploring many places in Israel that I didn't know. For the first time, I went to Israel without my parents, and discovered the country in a different way. I enjoyed the trip, but once again failed to appreciate the young Jews I was traveling with. I was friends with a few participants who had the particularity of only being Jewish from one of their grandparents, and/or not considering themselves Jewish.

I went to several Jewish weddings during this period, including one that particularly struck me. The religious ceremony under the chuppah was particularly beautiful. Just after the ceremony, when we were going to congratulate the newlyweds, the bride said to me these words which I still remember: I wish you one day to have such a beautiful wedding...under the chuppah. Those words resonated for a long time and made me think. What do I really want? Getting married one day under the chuppah is what I wanted for myself too, I couldn’t imagine it any other way. But I was convinced that this could never happen.

I felt like a stranger to the Jewish world, incompatible. My parents made fun of me for being anti-Semitic. Despite everything, being very sociable by nature, I always had this curiosity to meet Jews, and the desire to learn more. During a university exchange semester in the United States, I joined Hillel House, a Jewish student association that was more liberal and open than what I had known in France. I took a class every week on friendship and love in Judaism there, and I attended a few Friday evening services. I felt good there, I had the feeling of finally being faced with accessible and open Jews. This experience made me realize that there is a multitude of Jews, and that the Jews I had known in France were only a part of them. It gave me hope. Maybe I'll make Jewish friends one day after all, but they probably won't be French.

Having greatly appreciated this experience in the United States, after my return to Paris with my parents, I had only one obsession: to go abroad again.

After my Masters in Finance at Dauphine, I had to take a gap year by completing several internships. It was the perfect opportunity to do one of them abroad. My idea was originally to return to the United States. I reactivated a few contacts but quickly understood that it would be difficult. Obtaining an American visa sponsored by a company, finding accommodation knowing few people there…

I then thought about Israel, which seemed like an easier option. Being interested in the start-up investment industry, what could be more logical than doing an internship in Tel Aviv, the “Start Up Nation”?

Israel

I found an internship in an investment fund in start-ups for March 2022 and registered for an international Massa program which brings together young people between 18 and 30 years old who come to do an internship in Israel and organizes activities, Hebrew lessons, weekends. I was extremely anxious about going to Israel. I feared attacks and rockets and I had nightmares about them.

I lived five unforgettable months in Tel Aviv. During this time, I met Jews from all walks of life: from North and South America to Australia and South Africa.

I was particularly struck by this unity despite our diverse origins. And this goes well beyond religious practice or even faith, because we all had a connection and very different levels of practice.

From the first days, this connection and familiarity with the people I met made me feel at home. I developed an interest in Jewish holidays. I wanted to learn more and understand the practices. I went to the synagogue on Friday evenings with friends for Shabbat and I was transported by the songs and the faith that emanated from them. I was surprised and impressed by the warmth, open-mindedness and spontaneity of Israelis. I discovered another way of living that seemed to make people happier. I learned a lot about my Jewish identity throughout my time in Tel Aviv. I felt very happy, free, and as if reconciled with myself.

Very early in my trip, I dreaded my return to France. How would I explain to the people I meet the reasons for my stay in Israel? Should I hide the fact that I went to Israel?

With a very heavy heart, I returned to Paris in September to finish my studies. Everything seemed less bright, less vibrant than when I left. My mind was constantly searching for ways to recapture the warmth of Israel. I was looking for opportunities to go to the synagogue on Friday evenings to find that unique atmosphere that I missed so much. I went to most of the synagogues around my home, but nowhere found this warmth. I hosted Shabbat dinners, listened to Israeli music and tried to improve in Hebrew. I only wanted to return to Israel, and I took advantage of every week of vacation to go there.

At university, I was “the Jew” in my class, a label that made me uncomfortable. In the past, people who were not close to me did not know my religion. But after spending the last semester in Tel Aviv, Israel, it was obvious to everyone that I was Jewish.

At university, I was “the Jew” in my class, a label that made me uncomfortable.

The questions or jokes of my classmates, although sometimes perhaps based on good intentions, revealed a lack of knowledge, clumsiness and preconceived ideas which reminded me how complex it was to share such an experience with those who had not lived it, especially when they knew nothing about Israel and Judaism.

To cite just a few of the most notable examples: my first meeting with a boy in my class who asked me if I was Jewish, and who told me that he suspected it because I had “don’t take it the wrong way”, a “Semitic face, especially the nose”, then he continued with another joke about the fact that Jews are stingy. This same person who during the year made other little comments to me, for example, on the fact that “I am well connected”, implying that Jews have long arms, and other nonsense of that kind.

Another who asked me what was written on the hood of my down jacket (the name of the brand was written in large white letters), and who asked me if it said “TORAH”. Then some who told me that they visited a synagogue, or who asked me what I thought of the Israeli-Palestinian conflict.

This may not seem like much, but it was more than enough to make me feel uncomfortable and confirm my desire to return to Israel.

A few months after my return, it was obvious, I had to return to Israel.

I made Aliyah in April 2023.

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